22.05.2009

L’Union Economique et Monétaire a-t-elle favorisé le développement et la croissance ou a-t-elle engendré des restructuration et délocalisations destructrices d’emplois ?

8_big.jpgUne entreprise est un ensemble de facteurs économiques, capital et travail notamment,  mis en commun pour assurer une production ou un service correspondant aux attentes de la clientèle.

Il est clair que la satisfaction de ces besoins doit en permanence s’adapter sous  la pression des entreprises concurrentes du secteur économique concerné.

Les restructurations d’entreprises résultent ainsi :

-     de l’abandon d’un produit ou d’une branche d’activité,

-     de l’adaptation des moyens de production à un niveau d’activité prévu,

-     de la suppression de doublons à la suite d’une acquisition ou d’une fusion,

-     de la réorganisation du travail, le plus souvent en relation avec un nouvel  investissement

On peut donc affirmer avec certitude que les restructurations d’entreprises sont étroitement liées à l’économie de marché et constituent des outils de croissance et de développement dans tous les pays, indépendamment de la structure politique qu’ils ont choisie.

Jusqu’aux années 70, les restructurations  désignaient cependant des phénomènes  bien identifiés : elles concernaient un petit nombre de secteurs industriels  dont l’adaptation paraissait douloureuse mais inéluctable (textile, chantiers navals, sidérurgie…).

Aujourd’hui, il faut bien reconnaître que la restructuration est devenue un outil permanent d’adaptation industrielle des entreprises, à la recherche d’une compétitivité croissante, laquelle est souvent envisagée à l’échelle transnationale.

L’Union Economique et Monétaire n’est pas à l’origine des restructurations et délocalisations des entreprises…………

Il faut donc bien comprendre que ce n’est pas l’Union Economique et Monétaire qui est à l’origine du phénomène des délocalisations et restructurations qui, de toute façon auraient été réalisées même en l’absence de la construction européenne.

Un exemple caractéristique de la nécessité des restructurations a été apporté, dans les années 80 et 90, par les crises financières de grande ampleur qui ont frappé le Mexique, l’Asie, la Russie, l’Argentine ou encore le Brésil. Ce que l’on a appelé alors les « programmes d’ajustement structurel » n’étaient que des mesures très strictes à trois dimensions : réduction des dépenses publiques, privatisation des entreprises publiques, libéralisation des prix et des marchés et, en particulier des marchés financiers et du marché du travail.

Tous les pays cités ont une organisation politique  différente de celle de l’Union Européenne mais avaient un endettement excessif comme celui dont souffre actuellement la France. Ils ont pourtant dû se soumettre à l’application de mesures qui ressemblent  étrangement à celles qui sont actuellement appliquées en Europe, ce qui leur a permis d’atteindre aujourd’hui une situation économique particulièrement favorable.

La première conclusion que l’on peut tirer est que la mondialisation du commerce, de l’industrie et des services fait qu’une entreprise française n’est plus seulement en concurrence avec celles de son secteur économique dans l’hexagone ni même avec celles situées au sein de l’Union européenne, mais avec toutes les autres qui existent dans le reste du monde.

Si l’Union Européenne était la cause des problèmes de l’économie française, on ne voit pas pourquoi ce facteur défavorable ne concernerait pas tous les pays membres qui, de plus, disposent de la même monnaie qui est l’EURO.

 

Or, nos principaux voisins ont réussi à réformer leur marché du travail (réformes HARTZ et modération salariale en Allemagne, réformes en Espagne…), ce qui a amélioré la compétitivité de leurs entreprises et augmenté leurs parts de marchés à l’exportation, parfois aux dépens des entreprises françaises pénalisées par un coût du travail en augmentation.

 

Ainsi, malgré des atouts considérables, la France a, depuis 2000, une croissance moyenne de 1,7% par an.

 

Ce n’est donc pas l’Union Européenne qui est la cause de nos problèmes mais, comme le souligne le Rapport ATTALI, le fait que notre pays « n’ayant pas abandonné un modèle hérité de l’après-guerre, alors efficace mais devenu inadapté, l’Etat règlemente toujours dans les moindres détails l’ensemble des domaines de la société civile, vidant ainsi le dialogue social de son contenu, entravant la concurrence et favorisant le corporatisme et la défiance ».

 

Par ailleurs, les restructurations  conduisent parfois à des délocalisations dont la réalité est excessivement  développée au niveau médiatique. En effet, selon une étude de l’INSEE effectuée entre 1995 et 2001, 13.500 emplois industriels auraient été délocalisés en moyenne chaque année en France, ce qui représente 0,35% du total de l’emploi industriel. En outre, un peu plus de la moitié des emplois délocalisés l’auraient été à destination des pays développés limitrophes de la France. 

………..Mais l’Union Economique et Monétaire constitue un facteur de protection contre cette concurrence devenue désormais mondiale……..

 Que se serait-il passé si l’Union Economique et Monétaire n’avait pas été créée ? Cela aurait-il constitué une meilleure réponse à l’effondrement des blocs  communistes et à  leur transformation rapide en économie de marché ?

La solution se trouve elle-même dans la question : face à des ensembles aussi énormes constitués par l’ex URSS ou la Chine, ce ne sont pas des pays européens  comme la France, l’Italie ou même l’Allemagne qui peuvent isolément espérer tirer parti de la forte pression de plus en plus concurrentielle des pays émergents mais plutôt l’Union Européenne qui est désormais la première puissance économique  représentant 30,82% du PIB mondial en 2007.

La preuve que l’Union Economique et Monétaire a favorisé le développement et la croissance est montrée par le fait que, en 2006, l’Union Européenne a attiré une grande partie des investissements de la planète, soit 44% des 947 milliards d’EURO d’Investissements directs à l’Etranger en provenance du monde entier.

Une entreprise est un ensemble de facteurs économiques, capital et travail notamment,  mis en commun pour assurer une production ou un service correspondant aux attentes de la clientèle.

Il est clair que la satisfaction de ces besoins doit en permanence s’adapter sous  la pression des entreprises concurrentes du secteur économique concerné.

Les restructurations d’entreprises résultent ainsi :

-     de l’abandon d’un produit ou d’une branche d’activité,

-     de l’adaptation des moyens de production à un niveau d’activité prévu,

-     de la suppression de doublons à la suite d’une acquisition ou d’une fusion,

-     de la réorganisation du travail, le plus souvent en relation avec un nouvel  investissement

On peut donc affirmer avec certitude que les restructurations d’entreprises sont étroitement liées à l’économie de marché et constituent des outils de croissance et de développement dans tous les pays, indépendamment de la structure politique qu’ils ont choisie.

Jusqu’aux années 70, les restructurations  désignaient cependant des phénomènes  bien identifiés : elles concernaient un petit nombre de secteurs industriels  dont l’adaptation paraissait douloureuse mais inéluctable (textile, chantiers navals, sidérurgie…).

Aujourd’hui, il faut bien reconnaître que la restructuration est devenue un outil permanent d’adaptation industrielle des entreprises, à la recherche d’une compétitivité croissante, laquelle est souvent envisagée à l’échelle transnationale.

L’Union Economique et Monétaire n’est pas à l’origine des restructurations et délocalisations des entreprises…………

Il faut donc bien comprendre que ce n’est pas l’Union Economique et Monétaire qui est à l’origine du phénomène des délocalisations et restructurations qui, de toute façon auraient été réalisées même en l’absence de la construction européenne.

Un exemple caractéristique de la nécessité des restructurations a été apporté, dans les années 80 et 90, par les crises financières de grande ampleur qui ont frappé le Mexique, l’Asie, la Russie, l’Argentine ou encore le Brésil. Ce que l’on a appelé alors les « programmes d’ajustement structurel » n’étaient que des mesures très strictes à trois dimensions : réduction des dépenses publiques, privatisation des entreprises publiques, libéralisation des prix et des marchés et, en particulier des marchés financiers et du marché du travail.

Tous les pays cités ont une organisation politique  différente de celle de l’Union Européenne mais avaient un endettement excessif comme celui dont souffre actuellement la France. Ils ont pourtant dû se soumettre à l’application de mesures qui ressemblent  étrangement à celles qui sont actuellement appliquées en Europe, ce qui leur a permis d’atteindre aujourd’hui une situation économique particulièrement favorable.

La première conclusion que l’on peut tirer est que la mondialisation du commerce, de l’industrie et des services fait qu’une entreprise française n’est plus seulement en concurrence avec celles de son secteur économique dans l’hexagone ni même avec celles situées au sein de l’Union européenne, mais avec toutes les autres qui existent dans le reste du monde.

Si l’Union Européenne était la cause des problèmes de l’économie française, on ne voit pas pourquoi ce facteur défavorable ne concernerait pas tous les pays membres qui, de plus, disposent de la même monnaie qui est l’EURO.

 

Or, nos principaux voisins ont réussi à réformer leur marché du travail (réformes HARTZ et modération salariale en Allemagne, réformes en Espagne…), ce qui a amélioré la compétitivité de leurs entreprises et augmenté leurs parts de marchés à l’exportation, parfois aux dépens des entreprises françaises pénalisées par un coût du travail en augmentation.

 

Ainsi, malgré des atouts considérables, la France a, depuis 2000, une croissance moyenne de 1,7% par an.

 

Ce n’est donc pas l’Union Européenne qui est la cause de nos problèmes mais, comme le souligne le Rapport ATTALI, le fait que notre pays « n’ayant pas abandonné un modèle hérité de l’après-guerre, alors efficace mais devenu inadapté, l’Etat règlemente toujours dans les moindres détails l’ensemble des domaines de la société civile, vidant ainsi le dialogue social de son contenu, entravant la concurrence et favorisant le corporatisme et la défiance ».

 

Par ailleurs, les restructurations  conduisent parfois à des délocalisations dont la réalité est excessivement  développée au niveau médiatique. En effet, selon une étude de l’INSEE effectuée entre 1995 et 2001, 13.500 emplois industriels auraient été délocalisés en moyenne chaque année en France, ce qui représente 0,35% du total de l’emploi industriel. En outre, un peu plus de la moitié des emplois délocalisés l’auraient été à destination des pays développés limitrophes de la France. 

………..Mais l’Union Economique et Monétaire constitue un facteur de protection contre cette concurrence devenue désormais mondiale……..

 Que se serait-il passé si l’Union Economique et Monétaire n’avait pas été créée ? Cela aurait-il constitué une meilleure réponse à l’effondrement des blocs  communistes et à  leur transformation rapide en économie de marché ?

La solution se trouve elle-même dans la question : face à des ensembles aussi énormes constitués par l’ex URSS ou la Chine, ce ne sont pas des pays européens  comme la France, l’Italie ou même l’Allemagne qui peuvent isolément espérer tirer parti de la forte pression de plus en plus concurrentielle des pays émergents mais plutôt l’Union Européenne qui est désormais la première puissance économique  représentant 30,82% du PIB mondial en 2007.

La preuve que l’Union Economique et Monétaire a favorisé le développement et la croissance est montrée par le fait que, en 2006, l’Union Européenne a attiré une grande partie des investissements de la planète, soit 44% des 947 milliards d’EURO d’Investissements directs à l’Etranger en provenance du monde entier.

Il est aussi de bon ton de critiquer régulièrement la Banque Centrale Européenne et d’expliquer que l’EURO est soit un facteur d’inflation, soit une gêne pour le développement de la croissance.

 

De 2000 à 2006, l’inflation en zone euro a fluctué raisonnablement entre 1,9% et 2,3%, tandis que la hausse des prix actuelle provient de l’énergie et des matières premières, ce qui aurait été le cas même si l’EURO n’avait pas été créé.

De plus, la stabilité de l’EURO ou son appréciation constituent un élément particulièrement appréciable pour amortir le choc de la hausse des matières premières, mais aussi pour investir aux Etats-Unis dont le $ ne fait que se déprécier………

Que se serait-il passé si la Banque Centrale  Européenne et l’EURO n’existaient pas et si l’on disposait toujours du franc ?

La situation en France n’aurait sûrement pas été la même :

- compte tenu de notre important endettement, le franc aurait probablement été attaqué sévèrement sur les marchés des changes et le Gouvernement français aurait peut-être dû dévaluer une fois de plus comme il l’a fait si souvent dans le passé pour rassurer l’opinion publique.

- un franc dévalué nous aurait contraints à payer beaucoup plus cher nos importations de matières premières, et ceci aurait peut-être déclenché un cycle d’inflation des prix et des salaires………….qui aurait annulé l’avantage concurrentiel à l’exportation provenant de la dévaluation.

La Banque Centrale Européenne a donc joué son rôle et son Gouverneur, Jean-Claude TRICHET, a pu affirmer, en août 2007, que cette politique monétaire a permis à la zone Euro d’arriver à « un taux de chômage de 6,9%, le plus bas que nous ayons eu depuis 26 ans ».

On voit donc que la mise en place de l’Union Economique et Monétaire, et plus particulièrement d’une Banque Centrale Européenne indépendante des pouvoirs politiques, n’est pas destructrice d’emplois et constitue un réel facteur de protection des citoyens européens,  notamment de ceux qui font partie des pays réputés les plus laxistes pour combattre l’inflation (France, Italie, par exemple……….) parce que leur mauvaise situation financière individuelle est amoindrie dans un ensemble de 27 pays qui bénéficient globalement d’un meilleur positionnement et, par conséquent, d’une monnaie solide.

 

 Alors, si l’Union Economique et Monétaire n’est pas à l’origine des restructurations et des délocalisations, on peut se demander comment elle peut améliorer la protection qu’elle accorde  aux citoyens confrontés à des phénomènes économiques issus de la mondialisation.

 

………….bien que cette protection soit encore insuffisante, elle ne peut s’enrichir que par la poursuite de la construction européenne…..

L’appartenance de la France à un aussi vaste espace économique que celui de l’Union  Européenne est naturellement une chance pour notre pays, et notamment vis-à-vis des Etats-Unis dont l’irritation est parfois vive lorsqu’ils trouvent excessive la règlementation européenne.

La mise en place des normes communautaires  constitue bien également un facteur de protection qui est parfois aussi à l’origine de certains succès industriels européens.

 

Néanmoins, l’application par l’Europe des règles internationales de la concurrence montre qu’il est souhaitable d’avoir une politique plus volontariste ne se limitant pas au marché intérieur.

 

En effet, comme l’a montré un rapport de 2006 du Conseil d’Analyse Economique, « il y a un déséquilibre évident entre le système européen qui, en matière de concurrence s’inspire des Etats-Unis et va éventuellement au-delà, et le système américain qui mobilise un ensemble considérable de moyens et met en place un système structuré pour soutenir l’innovation industrielle ».

 

Tout est dit dans cette phrase et deux conclusions évidentes apparaissent :

-     le regroupement d’Etats dans un ensemble tel que celui de l’Union Européenne est indispensable pour peser économiquement face aux autres blocs que sont les Etats-Unis, la Russie, la Chine ou l’Inde

-     l’urgence de mettre en place une structure politique cohérente qui soit aux yeux du monde la marque de l’identité européenne

La mise en place de cette structure européenne permettra de renforcer la croissance dans de nombreux domaines.

 

Ainsi, tous les économistes sont d’accord pour reconnaître que l’un des fondements essentiels de la croissance est l’innovation. La stratégie définie par la convention de Lisbonne mettant l’accent sur la recherche et le développement au niveau européen est excellente dans son principe. Mais les crédits budgétaires mis en place actuellement par l’Union sont insuffisants et mettent en lumière la carence d’instances gouvernementales européennes. La mise en œuvre de Lisbonne a été confiée aux états nationaux, pourtant ces derniers semblent peu motivés en cette matière.

Il est donc nécessaire de renforcer les structures de l’Union au niveau politique mais aussi au niveau financier.

 

·         Au niveau politique, il est indispensable de remplacer la présidence tournante tous les six mois par une structure installée dans une durée de mandat crédible pour mettre en place des politiques de long terme.

 

·         Au niveau financier, le rôle de la Banque Centrale Européenne est déjà clairement défini dans ses statuts puisqu’elle doit « maintenir la stabilité des prix, promouvoir un niveau d’emploi et de protection sociale élevée, une croissance durable et non inflationniste, un haut degré de compétitivité et de convergence des performances économiques ».(articles 105 et 2 du Traité instituant la Communauté européenne)

 

Il restera alors à mettre en place un dialogue permanent avec un véritable Gouvernement économique européen, comme cela  existe entre la Réserve Fédérale et le Gouvernement américain, pour que le développement et la croissance soient renforcés au niveau de l’Union à travers l’Eurogroup par exemple. 

 

Il est aussi de bon ton de critiquer régulièrement la Banque Centrale Européenne et d’expliquer que l’EURO est soit un facteur d’inflation, soit une gêne pour le développement de la croissance.

 

 

De 2000 à 2006, l’inflation en zone euro a fluctué raisonnablement entre 1,9% et 2,3%, tandis que la hausse des prix actuelle provient de l’énergie et des matières premières, ce qui aurait été le cas même si l’EURO n’avait pas été créé.

De plus, la stabilité de l’EURO ou son appréciation constituent un élément particulièrement appréciable pour amortir le choc de la hausse des matières premières, mais aussi pour investir aux Etats-Unis dont le $ ne fait que se déprécier………

Que se serait-il passé si la Banque Centrale  Européenne (photo) et l’EURO n’existaient pas et si l’on disposait toujours du franc ?

La situation en France n’aurait sûrement pas été la même :

- compte tenu de notre important endettement, le franc aurait probablement été attaqué sévèrement sur les marchés des changes et le Gouvernement français aurait peut-être dû dévaluer une fois de plus comme il l’a fait si souvent dans le passé pour rassurer l’opinion publique.

- un franc dévalué nous aurait contraints à payer beaucoup plus cher nos importations de matières premières, et ceci aurait peut-être déclenché un cycle d’inflation des prix et des salaires………….qui aurait annulé l’avantage concurrentiel à l’exportation provenant de la dévaluation.

La Banque Centrale Européenne a donc joué son rôle et son Gouverneur, Jean-Claude TRICHET, a pu affirmer, en août 2007, que cette politique monétaire a permis à la zone Euro d’arriver à « un taux de chômage de 6,9%, le plus bas que nous ayons eu depuis 26 ans ».

On voit donc que la mise en place de l’Union Economique et Monétaire, et plus particulièrement d’une Banque Centrale Européenne indépendante des pouvoirs politiques, n’est pas destructrice d’emplois et constitue un réel facteur de protection des citoyens européens,  notamment de ceux qui font partie des pays réputés les plus laxistes pour combattre l’inflation (France, Italie, par exemple……….) parce que leur mauvaise situation financière individuelle est amoindrie dans un ensemble de 27 pays qui bénéficient globalement d’un meilleur positionnement et, par conséquent, d’une monnaie solide.

 

 Alors, si l’Union Economique et Monétaire n’est pas à l’origine des restructurations et des délocalisations, on peut se demander comment elle peut améliorer la protection qu’elle accorde  aux citoyens confrontés à des phénomènes économiques issus de la mondialisation.

 

………….bien que cette protection soit encore insuffisante, elle ne peut s’enrichir que par la poursuite de la construction européenne…..

L’appartenance de la France à un aussi vaste espace économique que celui de l’Union  Européenne est naturellement une chance pour notre pays, et notamment vis-à-vis des Etats-Unis dont l’irritation est parfois vive lorsqu’ils trouvent excessive la règlementation européenne.

La mise en place des normes communautaires  constitue bien également un facteur de protection qui est parfois aussi à l’origine de certains succès industriels européens.

 

Néanmoins, l’application par l’Europe des règles internationales de la concurrence montre qu’il est souhaitable d’avoir une politique plus volontariste ne se limitant pas au marché intérieur.

 

En effet, comme l’a montré un rapport de 2006 du Conseil d’Analyse Economique, « il y a un déséquilibre évident entre le système européen qui, en matière de concurrence s’inspire des Etats-Unis et va éventuellement au-delà, et le système américain qui mobilise un ensemble considérable de moyens et met en place un système structuré pour soutenir l’innovation industrielle ».

 

Tout est dit dans cette phrase et deux conclusions évidentes apparaissent :

-     le regroupement d’Etats dans un ensemble tel que celui de l’Union Européenne est indispensable pour peser économiquement face aux autres blocs que sont les Etats-Unis, la Russie, la Chine ou l’Inde

-     l’urgence de mettre en place une structure politique cohérente qui soit aux yeux du monde la marque de l’identité européenne

La mise en place de cette structure européenne permettra de renforcer la croissance dans de nombreux domaines.

 

Ainsi, tous les économistes sont d’accord pour reconnaître que l’un des fondements essentiels de la croissance est l’innovation. La stratégie définie par la convention de Lisbonne mettant l’accent sur la recherche et le développement au niveau européen est excellente dans son principe. Mais les crédits budgétaires mis en place actuellement par l’Union sont insuffisants et mettent en lumière la carence d’instances gouvernementales européennes. La mise en œuvre de Lisbonne a été confiée aux états nationaux, pourtant ces derniers semblent peu motivés en cette matière.

Il est donc nécessaire de renforcer les structures de l’Union au niveau politique mais aussi au niveau financier.

 

·         Au niveau politique, il est indispensable de remplacer la présidence tournante tous les six mois par une structure installée dans une durée de mandat crédible pour mettre en place des politiques de long terme.

 

·         Au niveau financier, le rôle de la Banque Centrale Européenne est déjà clairement défini dans ses statuts puisqu’elle doit « maintenir la stabilité des prix, promouvoir un niveau d’emploi et de protection sociale élevée, une croissance durable et non inflationniste, un haut degré de compétitivité et de convergence des performances économiques ».(articles 105 et 2 du Traité instituant la Communauté européenne)

 

Il restera alors à mettre en place un dialogue permanent avec un véritable Gouvernement économique européen, comme cela  existe entre la Réserve Fédérale et le Gouvernement américain, pour que le développement et la croissance soient renforcés au niveau de l’Union à travers l’Eurogroup par exemple.  

 

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